Projection de film et entretien
Organisation des Nations Unies, 1960 : le Sud global provoque un séisme politique; la chanteuse de jazz Abbey Lincoln et le batteur Max Roach font irruption au Conseil de sécurité; Nikita Khrouchtchev tape du poing sur la table. Le Département d’État américain se mobilise, envoyant le Jazz Ambassador Louis Armstrong au Congo dans l’optique de détourner l’attention du coup d’État soutenu par la CIA.
Le réalisateur Johan Grimonprez capture le moment où la politique africaine et le jazz américain se télescopent dans ce magnifique documentaire, un tourbillon historique captivant qui met en lumière les machinations politiques derrière l’assassinat, en 1961, du leader de l’indépendance congolaise Patrice Lumumba. Richement illustré par des récits de témoins oculaires, des notes officielles du gouvernement, des témoignages de mercenaires et d’agents de la CIA, des discours de Lumumba lui-même et par un véritable panthéon d’icônes du jazz, Bande-son pour un coup d’État interroge l’histoire coloniale pour livrer un récit poignant qui résonne plus que jamais dans le contexte géopolitique actuel.
Bande-son pour un coup d’État
Entretien avec :
Ludovic Tournès
Ludovic Tournès est professeur d’histoire globale à l’Université de Genève (Suisse). Ses thématiques de recherche se situent à la croisée de l’histoire des relations internationales, l’histoire transnationale, l’histoire culturelle et l’histoire des sciences, mais aussi des disciplines voisines de l’histoire (sociologie, science politique, anthropologie). Après une thèse de doctorat portant sur la réception du jazz en France, il s’est intéressé à l’histoire de la politique internationale des grandes fondations philanthropiques américaines (Carnegie, Rockefeller, Ford), tout en poursuivant sa réflexion sur les circulations artistiques internationales à travers un travail sur l’industrie du disque et ses mutations depuis la fin du 19e siècle jusqu’à nos jours, ainsi que sur les phénomènes d’américanisation au niveau mondial, objet de son ouvrage : « Américanisation. Une histoire mondiale 18e-21e siècles » (Fayard, 2020, grand prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois en 2021). Il a été deux fois lauréat du programme Fulbright (2001, New York University; 2008, Columbia University) et a été Fellow du Princeton Institute of International and Regional Studies de l’Université Princeton au cours de l’année 2018-2019. Il a récemment publié « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde » chez Dunod (2025) et poursuit actuellement ses recherches sur les phénomènes de mondialisation culturelle.
Entretien avec :
Marie-Hélène Benoit-Otis
Marie-Hélène Benoit-Otis est professeure de musicologie à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en musique et politique. Elle s’intéresse aux liens entre musique, diplomatie et propagande, ainsi qu’aux œuvres musicales de protestation et de résistance.
Entretien avec :
Nicolas Klingelschmitt
Nicolas Klingelschmitt est directeur adjoint du Centre FrancoPaix en résolutions des conflits et missions de paix de la Chaire Raoul-Dandurand. Titulaire d’un doctorat et chargé de cours en science politique, ses recherches actuelles portent sur l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), et les enjeux de désinformation en Afrique francophone. Il est membre du Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines (GIERSA) et du Réseau d’analyse stratégique (RAS).